Un jour, en rentrant des cours, avant une après-midi de congé, je me suis arrêté dans un temple qui se trouvait sur mon chemin, qui constitue d'ailleurs la seule visite payante (400¥) que j'ai
effectuée depuis mon arrivée.
Il s'agit du Konpukuji, ou "temple du bonheur d'or". Il s'agit d'un petit temple de la branche rattachée au Nanzenji 南禅寺派 (non loin) du bouddhisme zen Rinzai 臨済(Linji en chinois).
On utilise souvent le mot "zen" 禅 dans toutes sortes de contextes en français, ce qui a tendance à m'amuser, puisqu'il est en général utilisé par des gens qui n'ont pas la moindre de ce dont il
s'agit... et pourtant, en visitant ce temple, j'ai un peu changé d'avis... L'atmosphère y était très particulière et, en plus, hormis le bonze à l'entrée, l'endroit était absolument désert.
Les graviers qu'on aperçoit devant le temple constituent en fait un jardin zen fort sympathique.
Le sentier qui monte derrière le temple consuit d'abord vers une "cabane d'ermite", de ce genre d'endroits isolés dont beaucoup de japonais du passé, notamment des artistes, étaient friands.
Un de ces artistes, Buson 蕪村, a d'ailleurs sa tombe au sommet du petit parcours que j'ai fait ce jour-là. En arrivant dans ce vieux, très vieux cimetière qui surplombe le temple, j'ai réalisé le
chant des oiseaux et des insectes, ainsi que les odeurs des arbres et feuilles mortes abondantes. J'ai alors pensé que ce lieu était décidément très "zen". Pas de bruits de la ville, rien d'autre
que la nature et une architecture qui semble sortir des arbres et des pierres...
Je me suis retourné pour retourner à la réalité et découvrir un spectacle décidément de plus en plus familier.
Je vis quand même dans une sacrée belle ville, vous ne trouvez pas?
Après avoir passé presque une heure dans cet endroit c'est très "zen" que je suis rentré chez moi...