La tête et le coeur

"Auncune carte du monde n'est digne d'un regard si le pays de l'Utopie n'y figure pas."

- Oscar Wilde
Jeudi 19 novembre 2009
Voilà bien longtemps que je n'avais pas publié de grands classiques japonais dans ces pages... Je suis bien emprunté, puisque ce n'est pas vraiment du Enka, mais plutôt de la pop... Quoique ça se rejoigne pas mal, parfois.

Il s'agit donc de "Mizuiro no ame" (Pluie bleu ciel), interprété par Yagami Junko (aussi connue comme June Stanley outre-mer, puisqu'elle a épousé un anglais du nom de John Stanley en 1986). Née en 1958, elle interprète ce tube qui la rend célèbre en 1979. Elle a ensuite produit plusieurs disques et effectué plusieurs tournée mais, depuis 2001, on ne la plus revue dans le milieu de la chanson...

Une voix et une chanson absolument magnifiques, comme je vous laisse juger...

Par Rémora - Publié dans : Une plongée dans le Enka - Communauté : Japon
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Jeudi 19 novembre 2009
Le Japon est une culture de l'eau chaude. Bien sûr, c'est une caractéristique des pays volcaniques, puisque l'eau jaillit déjà chaude des montagnes. Il est donc assez naturel que le "sentô" (les thermes), constituent une pratique courante et très populaire.

Il s'agit de centres où pour 410 yens (prix fixe, à Kyôto), l'on va se laver, se baigner et se prélasser (certains incluent se peser et se prendre la tension, mais ils sont plus vieux que moi). Il y a toujours deux bains, un pour les femmes et un pour les hommes, puisque, bien sûr, c'est extrêmement sale de se baigner en maillot de bain, ce lieu étant un lieu de propreté. D'ailleurs, on se douche, se savonne et se lave complètement avant d'entrer dans l'eau: l'eau doit rester propre et c'est bien connu, le bain ne sert pas à se laver, mais à se détendre. L'eau est chaude (près de 40 degrés), mais il existe aussi des bains (très) froids.

Kyôto est une ville de Sentô. Il y en a près de deux cents. Et il y en a un juste à côté de chez moi...

C'est devenu une habitude. Avec mes compères, on s'y rend au moins une fois par semaine - c'est un peu le lavage de printemps du week-end, et c'est bien connu que les ours (Kuma) comme moi aiment les sources chaudes (ce qui est vrai d'ailleurs, les ours se baignent volontiers dans les sources naturelles d'eau chaude).

Celui où nous nous rendons s'appelle "daikoku-yu 大黒湯", soit "les bains de Daikokuten", ce bon vieux bonhomme dont vous avez déjà entendu parler ici.

Voici l'entrée puisque, pour des raisons évidentes, je n'ai pas pris de photos à l'intérieur...


Et je vous le dis: si ça devient pas très vite une habitude culturelle en Suisse, promis, je rentre pas.
Par Rémora - Publié dans : Une année à Kyôto: 2009-2010 - Communauté : Japon
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 19 novembre 2009
La question que se posent parfois les gens qui sont loin de nous, c'est ce qu'on mange, et si on mange bien, comme il faut, etc.

Pour ma part, sans compter les fois où je profite du fait qu'on peut faire bombance au bistro pour moins de 10CHF, je cuisine passablement de choses moi-même, dont je livre ici un petit florilège des mes créations absolument géniales!


Pot pourri de Ramen à la Kuma-chan, avec plein de layou!!!


Karê royale à la Kuma-chan avec champigons pas hallucinogènes en prime!


Karê-udon avec poivrons verts et... un dosage impérial d'épices!

Bien sûr, il y a plein d'autres choses que je pourrais vous montrer mais... Je suppose que vous êtes déjà tous au bord du suicide, alors je vous laisse. (^_^)
Par Rémora - Publié dans : Une année à Kyôto: 2009-2010 - Communauté : Japon
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Jeudi 12 novembre 2009
Hier, j'ai passé la visite médicale du semestre...

Bien que ce soit quand même bien qu'on fasse passer gratuitement des visites médicales à tous les étudiants au Japon (c'est pas chez nous qu'on ferait ça, parce que la centaine de francs on la sent passer en général), je n'aime pas trop ça.

Ils ont pris ma pression (trop haute, mais ça c'est pas nouveau), ont vérifié mes yeux (ça ça va), m'ont mesuré et pesé (en fait, j'ai perdu 7 kilos en six mois... sans doute une bonne chose dûe aux joies du travail manuel de cet été) et radiographié les poumons...

A la fin de l'entretien, le médecin a sorti la radiographie des poumons et il a dit, solennellement, soutenant ses propos avec son stylo:

- les poumons, les poumons...

Là, je me suis inquiété. Je voyais ces trucs dégueulasses, plein de veines, avec des tas de taches noires, mais aussi plein de taches blanches (apparemment la technologie des rayons X n'est pas encore passée au technicolor), et tout ce que je comprenais de ces images c'est que j'avais bien des poumons, ce qui surprend parfois de savoir qu'on est fait comme les autres...

- Les poumons...

Et là je pensais: "quoi, les poumons, bon sang? j'en ai pour combien de temps? deux mois? une année?"

- Les poumons... vont très bien, mais vous voyez, là, en bas, ils remontent un peu. Et ça, c'est à cause de la graisse! Alors (dit-il en pointant mon poids: -7kg) "mô chotto gambatte kudasai"! ce qui veut dire, "encouragez-vous encore un peu!" (à perdre du poids, comme si j'avais fait exprès).

Bref, il semblerait que je ne sois pas trop malade, mais ils me font quand même bien rire ces médecins. Quoi, les poumons, d'abord?

En ressortant de là, avec un de mes compères francophones, j'ai dit:

- Tout compte fait, c'est plutôt bon signe, je peux encore torailler comme un sapeur!!!
Par Rémora - Publié dans : Une année à Kyôto: 2009-2010
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 5 novembre 2009
Tout est dit, vous n'avez plus qu'à vous y rendre!

contemplations.over-blog.net

Vous pouvez vous inscrire à la newsletter, je n'en envoie pas, mais vous êtes ainsi prévenus quand je publie un nouvel article!!!

Bonne lecture!
Par Rémora
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 5 novembre 2009
Le groupe BEGIN a composé une chanson qui parle de leur héritage d'habitants des îles (d'Okinawa). Il est question dans cette chanson de leur identité... Pour ceux qui comprendront les paroles.
Le titre "shimanchu nu takara" est dans la langue d'Okinawa et signifie "le trésor des gens des îles"... La chanson est en japonais standard parce que... et c'est précisément le sujet... en trente ans - et un peu avant (depuis que les USA ou rendu Okinawa au Japon en 1972), le japonais standard a presque complètement remplacé la "langue de ryûkyû" à Okinawa, langue différente du japonais, mais seule langue connue au monde à appartenir au même groupe linguistique.


Par Rémora - Publié dans : Le monde en musique - Communauté : Japon
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 5 novembre 2009
Je vous ai déjà présenté un certain nombre de temples, mais il est aussi des autels et des lieux religieux qui se trouvent à même la rue, entretenus discrètement à un moment où à un autre par des gens du lieu, posés là sans raison ou peut-être pour une raison connue seulement de celui qui l'a posé là.

Il y a des tous petits coins dédiés au Shintô, ou à rien, comme ici, juste à côté de chez moi - il s'agit vraisemblablement d'une pierre tombale:


Ou alors il s'agit d'autels bouddhistes, en général dédiés au bodhisattva Jizô, protecteurs des voyageurs et des enfants (morts en particulier).




Vous remarquerez que la croix gammée apparaît souvent sur ces autels. Symbole venu d'Inde, il indique clairement qu'il s'agit d'un lieu bouddhiste (par opposition aux lieux shintô - le toori ou rien - ou chrétiens - la croix)

Vous en apprendrez davantage sur le Bodhisattva Jizô sur mes contemplations.
Par Rémora - Publié dans : Temples du Japon - Communauté : Japon
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 5 novembre 2009
Un soir, alors que je m'apprêtais assidûment à ne pas faire grand-chose, on me propose de me rendre à une matsuri - fête-rituel shintô - très connue, les feux de Kurama. Le coin se trouve à environ 30 min de train, dans les montagnes. On est arrivé dans une région bondée... Un tout petit village si plein de monde qu'on ne pouvait pas circuler.  Et vous savez quoi? Y'en a au moins un sur trois qui n'était pas japonais!!! Mais bon, y'avait du feu partout!!! (Vous aviez déjà remarqué que sans matériel pro ça donne rien les photos de nuit?)


On est entré dans le village, tout tout doucement...


Pour arriver au plus près possible (donc loin) du temple où se tenait le feu de joie final...


Et puis voilà... Au moment de rentrer, voilà que la queue pour aller prendre le train occupait largement de quoi occuper le dernier train (bientôt) et les quatorze suivants, donc on a décidé, mes compères et moi de rentrer à pied...

Deux heures et demie plus tard, enfin à la maison, les pieds dans la géhenne, je me suis juré: la prochaine fois, promis, j'irai faire quelque chose de moins touristique!
Par Rémora - Publié dans : Une année à Kyôto: 2009-2010 - Communauté : Japon
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 29 octobre 2009
Un jour, en rentrant des cours, avant une après-midi de congé, je me suis arrêté dans un temple qui se trouvait sur mon chemin, qui constitue d'ailleurs la seule visite payante (400¥) que j'ai effectuée depuis mon arrivée.

Il s'agit du Konpukuji, ou "temple du bonheur d'or". Il s'agit d'un petit temple de la branche rattachée au Nanzenji 南禅寺派 (non loin) du bouddhisme zen Rinzai 臨済(Linji en chinois).

On utilise souvent le mot "zen" 禅 dans toutes sortes de contextes en français, ce qui a tendance à m'amuser, puisqu'il est en général utilisé par des gens qui n'ont pas la moindre de ce dont il s'agit... et pourtant, en visitant ce temple, j'ai un peu changé d'avis... L'atmosphère y était très particulière et, en plus, hormis le bonze à l'entrée, l'endroit était absolument désert.


Les graviers qu'on aperçoit devant le temple constituent en fait un jardin zen fort sympathique.


Le sentier qui monte derrière le temple consuit d'abord vers une "cabane d'ermite", de ce genre d'endroits isolés dont beaucoup de japonais du passé, notamment des artistes, étaient friands.


Un de ces artistes, Buson 蕪村, a d'ailleurs sa tombe au sommet du petit parcours que j'ai fait ce jour-là. En arrivant dans ce vieux, très vieux cimetière qui surplombe le temple, j'ai réalisé le chant des oiseaux et des insectes, ainsi que les odeurs des arbres et feuilles mortes abondantes. J'ai alors pensé que ce lieu était décidément très "zen". Pas de bruits de la ville, rien d'autre que la nature et une architecture qui semble sortir des arbres et des pierres...

Je me suis retourné pour retourner à la réalité et découvrir un spectacle décidément de plus en plus familier.


Je vis quand même dans une sacrée belle ville, vous ne trouvez pas?

Après avoir passé presque une heure dans cet endroit c'est très "zen" que je suis rentré chez moi...
Par Rémora - Publié dans : Temples du Japon - Communauté : Japon
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 26 octobre 2009
Faire partie d'un club, au Japon, c'est s'intégrer dans la vie universitaire. Mais comme la plupart des clubs sont des clubs sportifs où on ne rigole pas, et comme je ne sais ni attraper un ballon ni taper et que je n'aime tout simplement pas me fatiguer, j'ai opté pour quelque chose qui corresponde un peu plus à mes aptitudes hautement intellectuelles... Le club de jeu de rôles!!! (Etonnés, hein?)

...Seulement voilà, après presque trois semaines, ces gulus de rôlistes kyôtoïtes n'ont pas répondu à mes mails (puisqu'ils n'ont laissé qu'une simple adresse). Au début ça m'a un peu ennuyé, mais je me suis dit que des rôlistes qui répondent pas aux mails... Bah, j'ai les mêmes à la maison. Alors, il m'est arrivé, il y a peu, de rencontrer un inconnu au cours d'une soirée qui m'a dit faire partie de la chorale, alors je me suis dit: pourquoi pas! Et voilà pas une journée qu'on répondait à mon mail et me priait de venir ce soir à la répétition.

Une sacré soirée, mes amis! Déjà, le lundi, c'est choeur d'hommes (la chorale ne fait que choeur d'hommes et choeur mixte). On me place chez les barytons - ce qui me correspond en effet et je constate que la séance commence par... une demi-heure d'exercices... On tend les bras, on tourne... Bref, que du bonheur... Heureusement on finit par chanter.

A la fin, c'est un joyeux bordel: la répétition est officiellement finie, mais il ne faut pas partir: les voix se regroupent pour faire ce qu'elles veulent et la salle devient un tohu-bohu de tous les diables... Tiens, ça me rappelle carrément les scouts, du coup.

Et tout ça trois fois par semaine!!! (mercredi c'est choeur mixte, je me demande ce que ça va donner... à mon avis, au temps pour l'ordre et la discipline...)

 Il ne faut pas croire toutefois que ce ne soit pas sérieux. Pendant plus d'une heure, la vraie répétition a lieu et le chef de choeur lésine sur les moindres détails... Comme quoi!!!

Quoi qu'il en soit il y a longtemps que je rêvais d'intégrer un choeur d'hommes polyphonique (quatre voix ou plus) et peut-être même qu'on chantera... ça: !!!


(Pour ceux qui reconnaîtraient)
 
Par Rémora - Publié dans : Une année à Kyôto: 2009-2010 - Communauté : Japon
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Présentation

  • outreterres
  • : Le Japon, c'est une île à l'autre bout du monde. Et c'est là que moi je me trouve. C'est donc en musique que, sans prétention, je vous livre ce pays tel qu'il s'imprime dans mes yeux et dans mon cœur.
  • Recommander ce blog
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus