Corrida ou hamburger ?
A la lecture de cet article et sa vidéo, j'ai appris que samedi dernier, le 8, à Rodilhan dans le Gard, s'était tenu une petite tempête dans un verre d'eau - une micro-guerre civile, si l'on veut - entre quelques idéalistes anti-corrida et la troupe rassemblée des afficionados.
Cela me laisse un peu perplexe. En tant que végétarien, sensible à la nécessité d'abandonner l'exploitation animale pour passer au stade suivant de civilisation, je suis tout même un peu emprunté devant ce spectacle : les afficionados se comportent certes de façon plus limite que les militants, mais on le savait déjà, que c'étaient des cons, et je ne trouve pas très malin d'avoir voulu aller le vérifier sur place. (Et encore, pour avoir déjà vu de vrais déchaînements de violence, on en est bien loin...).
Ce qui me gêne le plus, c'est le côté populiste de l'action : quelques dizaines de taureaux de combats sont tués chaque années dans les arènes. C'est certes nul et inhumain, mais le nombre d'animaux qui se fait tuer chaque année pour notre nourriture, chaque année, c'est un nombre à 11 chiffres (!), pas loin de dix fois la population humaine... Et faire autant de bruit pour s'opposer à une tradition moribonde - mais alors vraiment moribonde - alors que l'industrie organisée du massacre animalier (tradition qui, elle, n'est pas en baisse) continue à sévir, c'est un peu fort de tabac.
Et puis surtout, c'est fasciste. Et je ne supporte pas quand les gens sont tellement pavés de bonnes intentions qu'ils sombrent dans cette routine fascisante-là : "J'aime pas ce que tu fais alors tu arrêtes !"... (1)
Mais c'est la vie, il y a des cons partout, et aussi chez ces militants, et tenter de pourrir la vie à quelques vieux débiles et à une poignée de tapettes en paillettes et en pantalons serrés, je trouve que c'est à la fois se tromper de débat et faire oublier le vrai problème : une industrie qui finit tous les jours dans les assiettes du commun des mortels. Et peut-être même de ces gens-là !
Enfin, au moins, j'espère quand même qu'ils sont végétariens (ils feront au moins un truc bien comme ça).
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(1) J'entends déjà certains me dire "Ben alors voilà, faut pas interdire la viande, les gens font ce qu'ils veulent". Parfaitement, mais en fonction de ce que cela coûte de dignité, d'humanité et de ressources. Il faut sensibiliser les gens aux massacres, puis prendre des mesures pour rendre l'accès à la viande coûteux et difficile - simplement en adaptant le prix à la superficie utilisée pour élever des animaux (qui est titanesque)... et, avec ce système, la consommation, sur le long terme deviendrait de moins en moins intéressante jusqu'à disaparaître - un pru comme la cigarette somme toute.