Les primaires du PS ? Anarchie !
Hier, en France donc, c'était primaires socialistes.
Le résultat est sans surprise, Hollande-Aubry, tout le monde s'y attendait et il ne restait pas beaucoup d'illuminés pour croire qu'une fanatique allumée et cramée du bulbe (et anti-jeux vidéos, la pouffiasse) comme Ségolène Royal ferait un bon score. Le verdict la semaine prochaine donc (et pour ma part, je pense que Hollande est un choix intelligent, si on veut - enfin vous, mes amis français - un président avant tout compétent, qui soit un homme de dossiers et d'idées).
Mais ce n'est pas pour ça que cette primaire m'a intéressé : c'est parce que le scrutin était ouvert à tous les électeurs, pas seulement au PS, dès l'âge de 16 ans (!), moyennant 1 modeste euro. Une initiative qui, à mon sens, en France, a du bon, et qui a marché du tonnerre, puisque ce ne sont pas moins de 2.5 millions de personnes qui se sont déplacées aux urnes.
Dans une démocratie représentative comme la France, où le peuple n'a qu'un pouvoir consultatif très limité, il me semble parfaitement judicieux que les Partis - en tant que groupements de citoyens organisés - appliquent à leur échelle leur propre vision des choses, et donc de la démocratie. C'est bon pour l'image et c'est bon pour éveiller le commun des mortels au fait qu'un autre système est possible : quand on milite pour la majorité à 16 ans, par exemple, quoi de plus naturel que d'intégrer les 16-18 ans dans le scrutin ?
On pourrait imaginer ces méthodes à grandes échelle, dans les départements, les villes, les villages ; les citoyens se prononçant selon leurs propres règles démocratiques créent des communautés véritablement adaptées au plus grand nombre, non pas selon une dictature des citoyens majoritaires, mais chacun dans son quartier, son Parti ou sa communauté - allant même jusqu'à créer des zones de non-capitalisme ou des zones de non-pollution, par exemple.
On pourrait bien sûr aller beaucoup plus loin que cette jolie initiative du PS - le but ultime, ne nous le cahons pas - étant la démocratie directe pure (je ne parle donc pas de la démocratie suisse), mais c'est un joli commencement pour mettre en place une société avec un grand A... Si, bien sûr, les gens ne tombent pas bêtement dans les attraits succubiques de la social-démocratie bien-pensante ou du populisme facile (C'est pas gagné, mazette)...
Mais ne rêvons pas trop, il faudra beaucoup de sueur et de combats avant que la classe politique ne lâche son pouvoir au peuple... Ce qui est un joli comble pour une démocratie, non ?