Malade au Japon: une nouvelle expérience...

Publié le par Rémora

Bonjour à tous...

Bon, j'en conviens, l'histoire d'aujourd'hui n'est pas très drôle, mais ça fait aussi partie des choses, que, je suppose, il faut vivre pour connaître pleinement un pays.

Et oui, je suis malade, et par malade je n'entends pas "petit rhume passager"... Mais rassurez-vous, je ne suis pas en danger. Bon, l'histoire n'est pas drôle, mais je le prends à la légère. C'est une expérience digne d'être racontée aussi après tout.

Depuis quelque jours, ma gorge m'indisposait. Elle ne me faisait pas "mal" comme quand on a la crève (chose qui arrive particulièrement souvent à Hokkaïdo, et ça touche même les meilleurs), mais j'avais l'impression que quelque chose n'allait pas tout à fait comme il faut. Bon, me disais-je, ça ira mieux demain. En effet, ces derniers jours, ça n'allait pas trop mal. Et puis voilà que ce matin très très tôt (vers trois heures, autant dire pas longtemps après m'être couché), je suis réveillé par des élancements incroyablement douloureux dans la gorge, comme je n'en avais jamais ressenti, et je me demandais si j'allais passer la nuit... (Je suppose que ça arrive à tout le monde au moins une fois de se sentir si mal qu'on se pose ce genre de questions).

Je me suis donc dit, un peu forcé par la nature, qu'il fallait que j'agisse. Après tout, j'ai une assurance, et tout. Mais voilà, jusqu'à ce matin, le système de santé nippon m'était totalement inconnu. Au début de mon séjour ici, on m'a filé une carte d'assurance, on m'a dit "paie 20'000yen" et clac, jai balancé la carte dans un tiroir et ne me suis plus intéressé à tout ça. Après tout c'est bien connu, on n'est jamais malade, c'est seulement les autres qui le sont. Seulement voilà...

Pendant ma nuit de douleur, donc, j'ai fouillé dans mes archives pour trouver les procédures en cas de maladie. Bon. C'est pas bien compliqué en somme, mais ça n'a rien à voir avec chez nous.

D'abord, il faut aller à l'hôpital (tiens, moi, à Boudry, j'aurais appelé le docteur Collioud, je serais pas allé direct à l'hôpital; l'hôpital on y va quand on est ultimement déséspéré, croyais-je). Un coup de chance, par contre, vu que je connais l'emplacement de l'hôpital municipal (à 500m de chez moi) mais pas de cabinets autrement.
Ensuite, ne pas oublier sa carte d'assurance, sinon... On doit payer tous les frais (l'assurance couvre 70% des frais, et en plus, en tant que boursier, on me rembourse en plus 80% des frais que je pourrais avoir, ce qui fait que je ne paie que 6% des frais médicaux).
Ensuite, s'assurer que l'hôpital en question dispose bien de la section souhaitée (là, il faut un moment pour trouver comment on dit "otorhinolaryngologie" en japonais - pour ceux qui se poseraient la question c'est: 耳鼻咽喉科) et à quelle heure ils recoivent (les horaires sont pires que la poste! (genre: "pitié, recevez-moi!"; "désolé, on est fermés, revenez demain"; "non!!! Je serai mort demain!!! arrrggggllll!!!")

Bref, tout cela une fois découvert, je suis parti après avoir rangé ma chambre et m'être demandé si je devais rédiger un testament (avant de me souvenir que je suis étudiant pauvre et que mes jeux vidéos, vous pouvez vous gratter, je les emporterai dans l'au-delà).

Une fois arrivé dans l'hôpital, je me suis demandé dans quel univers de fous j'avais débarqué. Des caisses pour payer, des tas de réceptions, du monde partout comme dans un aéroport. Bon. Début de la bataille administrative.

D'abord, demander à la réception comment faire et où aller. Ensuite s'enregistrer et attendre (arrrgllll je souffre!!!!) une demi-heure qu'ils vous fasse un dossier, avant de vous envoyer dans la section en question trois étages plus haut où il faut reremplir des formulaires et attendre encore...

Et puis le moment de l'auscultation arrive. Un espèce de bureau avec un "sensei" qui se demande quelle bête curieuse vous êtes et si vous comprenez sa langue. Une infirmière et derrière, silencieux, deux étudiants en médecine boutonneux (je me suis demandé un moment si c'étaient des vrais, parce qu'ils bougeaient pas).

Bon. Jusque-là tout va bien... Jusqu'à ce qu'il sorte ce machin extraterrestre, une espèce de sonde, et qu'il me l la fourre dans le nez jusqu'à ce qu'il ressorte au fond de la gorge. Je pourrais approfondir cette expérience dans un article intitulé "abductions extraterrestres", sauf qu'il n'a pas été question de me mettre une sonde anale. D'autant plus que le médecin me dit que des parties de ma gorge sont infectées que ni en japonais, ni en anglais, ni en français je les connais (épiglotte? je croyais que c'était un terme linguistique).

Bon, le diagnostic n'est pas alarmant (mais pas rien non plus), j'ai une infection bactérienne dans la gorge et je dois prendre des antibiotiques et faire des gargarismes (ils aiment bien ça les japonais) pendant une petite semaine. Rien de bien létal donc, mais enfin c'est pas franchement agréable.

Voilà. Bon. Mais ensuite? Les médicaments et tout? Ben c'est bien simple, ici pas de facture en retard ni de remboursements: on paie à la sortie de l'hôpital, et cash. Heureusement que l'assurance est là... Au final 3020 yen pour la consultation et les médicaments (plus un remboursement de 80% de cette somme plus tard, parce que ça n'a rien à voir avec l'assurance). Imaginons donc l'état de celui qui, au seuil de la mort, a oublié son porte-monnaie (corvée de vaiselle pendant 20 ans dans l'hôpital!)

Voilà mon aventure du jour... Bon, je prends ma journée pour me remettre (enfin, c'est le docteur qui a dit) et je prends mes médecines tout comme il faut et ça ira mieux. Mais bon, c'est pas tous les jours qu'on va dans un hôpital qui ressemble à une administration communale...
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A
J'ose espérer que dans les cas extrêmement graves, comme un accident de voiture, l'administratif ne prend pas le pas sur l'humain.<br /> Bon rétablissement !
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M
He bien, Philou, soigne-toi bien, et fais bien attention à toi. Tu devrais quand-même trouver une pharmacie: j'imagine que dans le monde entier, on doit pouvoir trouver au moins un spray ou des pastilles ou un truc du genre, pour pouvoir au moins soulager le mal en attendant de voir le docteur ... Je ne sui s pas étonnée que ce soit une aventure que d'aller à l'hôpital au Japon, déjà que c'en est une ici, à Neuchâtel ...
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L
Higashi ku te souhaite un prompt rétablissement l'ami! Belle preuve de courage que d'y être allé tout seul, c'est la marque des grands aventuriers!
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