札幌への旅行 その一 (Voyage vers Sapporo – première partie)
Note préalable : N’ayant pas eu de connexion Internet pendant un certain temps, je poste ces messages avec un certain retard et vous propose un petit voyage dans le temps, sous forme d’une petite chronique, découpée avec amour, comme des sashimi, qui nous conduira de Boudry, petit village sympathique de la petite Suisse à Sapporo, énorme ville tout aussi sympathique du Grand Japon… やった!Yatta ![1]
Le Dilemme du Voyageur
Ca y est, je suis enfin au Japon, depuis le temps que j’en rêvais, je ne suis même pas encore tout à fait sûr que ce soit vrai… Mais ce n’est rien d’y être : il a fallu y venir !
Je pense qu’il existe deux types de voyageurs : ceux qui vont quelque part et ceux qui veulent aller tout court. Autrement dit, ceux qui veulent se déplacer, traverser des régions nouvelles, profiter du déplacement – un peu comme dans les croisières – et ceux qui veulent atteindre une destination pour y faire quelque chose. Je crois résolument que j’appartiens à la seconde catégorie…
En effet : les voyages en avion c’est certainement intéressant dans la mesure où la destination est l’objet du voyage mais ça n’a rien d’une sinécure, quand on n’est pas un riche homme d’affaires qui voyage toujours en première[2].
Voyez plutôt : tout a commencé à Genève, le premier octobre : mon vol a été assuré par Austrian Airlines, une compagnie comme une autre sans doute, mais dont le premier contact a été peu rassurant.
Voilà l’avion qui m’a conduit de Genève à Vienne :
Comme ça, il a déjà l’air bizarre : deux grosses hélices à la place des réacteurs comme pendant la deuxième guerre et moins brillant que la plupart des avions. Mais en l’air c’est encore pire : pendant une heure et demie de vol, un bruit atroce emplissait l’engin, il crissait, grinçait, gémissait. Il me faisait penser à un avion vieillard : si j’avais été un avion civiliste, j’aurais sans doute dû changer ses couches à l’arrivée. Mais il a fini par arriver au bon endroit, et à l’heure, en plus. Je ne suis pas du genre à avoir peur en avion, j’avoue que j’aime même plutôt ça, ne serait-ce que face à l’incroyable exploit de l’humanité que de réussir à faire voler des machins aussi lourds et aussi imposants, mais là j’ai eu mon lot de sensations fortes.
Ici s’achevait la première partie du voyage, à l’aéroport de Vienne : le grand décollage allait bientôt avoir lieu, et j’avoue que, au milieu de cet aérogare autrichienne je me demandais dans quel frêle esquif j’allais me rendre au Japon.
Les procédures achevées (Repasser le contrôle de sécurité en allemand, enlever les Caterpillar, montrer le bel ordinateur, etc. etc.) je me suis enfin retrouvé dans le lobby d’embarquement. Un bonheur indicible : comme dans tous les vols pour le Japon, une écrasante majorité de Japonais et enfin une langue que je comprenne (je veux dire, pas de l’allemand).
Je montai dans la machine pour un joyeux voyage de douze heures vers le pays du Soleil Levant, mais cette fois, c’était un magnifique Boeing (prononcez bouingue), avec télé individuelle et tout. Mais ça ne change pas grand-chose à l’affaire : un siège étroit près du couloir, avec un steward qui me bouscule tout le temps et deux italiens à côté qui s’enlacent, bougent, s’endorment, me tombent dessus et une télé perso qui déconne suffisamment pour commencer à m’énerver sérieusement.
Mais tout ne va pas si mal et j’arriverai en vie, content d’être à destination mais déçu du voyage, une nuit disparue quelque part entre la Russie et la Russie et l’estomac plein de choses indigestes.
Mais ne précipitons pas les choses : je n’ai pas encore atterri et tout ne va pas si mal…
(A suivre)