Spécialités coréennes

Publié le par Rémora

Voici venu le temps de vous parler des spécialités de la nourriture coréenne.

Bien sûr, ce serait idiot de ma part de ne pas préciser que je parle ici de plats exotiques, et que ce n’est pas là ce que mangent les coréens dans leur quotidien. Dans l’ensemble, la nourriture coréenne est très bonne si on n’a pas peur de manger épicé (bien que ce ne soit pas aussi épicé par exemple, que la nourriture indienne ou la nourriture du Sichuan). Pays continental (ce n’est du moins pas un archipel), les coréens accordent leur préférence à la viande plutôt qu’au produits de la mer et on mange ainsi beaucoup de « grillades » ou de spécialités à base de viande (principalement du porc et du bœuf), comme le bulgogi, un très goûteux ragoût traditionnel.

Si vous me permettez un peu de publicité et que vous souhaitez manger de la délicieuse nourriture coréenne, je ne saurais que trop vous conseiller le restaurant « La Maison de Corée (한국의 ) » à Genève. (Adresse et plan ici) La nourriture de monsieur Kim est formidable et vous ne serez pas déçu, j’en suis sûr.

Le premier plat que je vous présente ici a été découvert tout à fait par hasard sur l’étal d’un marchand de marrons grillés. Il semblait aussi griller quelque chose qui n’avait ni la taille, ni la forme des marrons. Il nous en a vendu un gobelet et cela se présentait sous cette forme :

 

 

Vous avez deviné ?

Non, il n’y a rien qui bouge étrangement ou qui soit vivant dans ce gobelet mais c’est étrange à voir comme à manger. Il s’agit de mues de vers à soies (il ne s’agit donc pas d’insectes entiers) et ce « snack » est très apprécié parce qu’il « contient beaucoup de protéines » ; c’est du moins ce que prétendent les Coréens du monde entier.


Pour ma part, je n’y ai trouvé aucune saveur particulière, ça n’a que le goût du grillé et je ne suis pas un amateur de ce genre de saveur. Mais comme c’était la première fois que j’avais l’occasion de manger volontairement des insectes j’ai essayé (avec réticence malgré tout).

Contrairement au suivant, ce mets est très courant et ne pose aucun problème au coréens.
 
Pour la deuxième spécialité, il s’agissait cette fois de manger de la viande de chien, mais de façon tout à fait volontaire et avertie.

Malheureusement, les établissements qui servent ce genre de viande ne sont pas très courus par les touristes et ne sont évidemment pas indiqués en des termes compréhensibles. Et comme mon niveau de Coréen est à peine supérieur à mon niveau de Nahuatl, nous avons parcouru les rues pendant plus d’une heure avec un petit bout de papier qui contenait le nom du restaurant ; à comparer les symboles en hangeul (l’écriture locale). Nous avons fini par trouver l’échoppe dans une ruelle, là, au fond.

 



Il s’agissait d’une petite échoppe familiale où nous avons pu terminer notre quête dans le calme et le bruit de la télévision coréenne que regardait la patronne.

La viande de chien est très appréciée des coréens, en général, et la viande s’exporte bien à l’étranger, notamment dans les communautés coréennes d’outre-mer. Quelques tentatives occidentales, lors du dernier mondial, notamment, ont visé à interdire cette viande par des manœuvres impérialistes discutables, mais sans succès. Toutefois, même parmi les coréens, cette viande a perdu de sa popularité, dû notamment au fait du glissement social du chien du rang d’animal domestique à celui d’animal de compagnie et que le « flou » légal qui entoure cette viande rend son hygiène supposément douteuse.

Le « bosintang » (보신탕 ; 補身湯 ; litt. La soupe pour se donner des forces) est présenté comme tout autre plat coréen ; les accompagnements (riz, kimchi, légumes…) sont les mêmes. Mais la soupe contient une viande un peu gélatineuse, grasse et violacée, qui ne ressemble à rien de ce qu’on peut avoir mangé quand on ne connaît pas. Je dois confesser à mon plus grand regret que, si je n’en mangerais ni tous les jours, ni ce soir ni même la plupart du temps, j’ai assez apprécié la viande ; la soupe qui va autour un peu moins.

D’aspect, ça n’a rien de bien exotique :

 

 

 

Et avant qu’on ne m’accuse de verser dans la perversion cynophage comme tous les vilains asiatiques, je vous laisserai sur cette citation du poète Apollinaire, témoin de son temps :

 

Quelques-uns nous quittèrent

Devant une boucherie canine

Pour y acheter leur repas du soir

 

Gnin hin hin!!

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J
Sont trop chou. cannibalchien! ;-)
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