Confucius et l'enfant
Pour continuer avec les textes un peu classique, je vous livre ici ma traduction (pas très libre, pour une fois), d’un extrait de la 152ème histoire d’un recueil de petits contes et de petites histoires d’inspiration bouddhistes et sociales, le Uji shûi monogatari (宇治拾遺物語), rédigé au japon au alentours du 13ème siècle et dont l’auteur nous est inconnu.
L’histoire suivante met en scène un jeune enfant confrontant Confucius, le Maître qui a, selon la tradition, constitué les bases d’une grande partie des philosophies sociales extrême-orientales.
Je vous livre le tout avec la VO, pour les amateurs de langue japonaise classique.
今は昔、唐に、孔子、道を行き給ふに、八つばかりなる童あひぬ。孔子に問ひ申すやう、「日の入る所と洛陽と、いづれか遠き」と。孔子いらへ給ふやう、「日の入る所は遠し。洛 陽は近し」。童の申すやう、「日の出で入る所は見ゆ。洛陽はまだ見ず。されば日の出づる所は近し。洛陽は遠しと思ふ」と申しければ、孔子、かしこき 童なりと感じ給ひける。
Il y a de cela bien longtemps, dans le pays de Chine, alors que le grand Confucius arpentait les chemins, il rencontra un enfant d'environ sept ans[1] .
Ce dernier posa au Maître cette question : « Du lieu où se couche le Soleil et de la ville de Luoyang [2], lequel est le plus lointain ? ».
Le Maître répondit en ces termes : « Le lieu où se couche l’astre du jour se situe au loin, alors que Luoyang est proche. »
Mais l’enfant répliqua : « Je peux voir les lieux où le Soleil se lève et se couche, alors que Luoyang, je ne peux pas la voir. C’est pourquoi je pense que le lieu où se couche le Soleil est proche, et Luoyang lointaine. »
A ces paroles, Confucius remarqua qu’il s’agissait là d’un enfant absolument remarquable.
[1] Le texte dit « d’environ 8 ans »… Toutefois rappelons-nous que ne comptait pas l’âge de la même façon qu’aujourd’hui.
[2] Ville de Chine, située dans le Henan et qui existe encore de nos jours. A l'époque de Confucius, il s'agissait de la capitale de la capitale de la dynastie au pouvoir, les Zhou.