Les Deux Sabres

Publié le par Rémora

Les guerriers samouraï ayant régné sur le Japon pendant de nombreux siècles, les traditions martiales forment une grande part de l’héritage historique et culturel du Japon ancien. Les sabres (dont les fameux katana), notamment, sont aujourd’hui des pièces de collection et, à l’instar des toiles occidentales, elles portent souvent le nom du forgeron qui l’a créée.

Ainsi, selon la légende (et sans doute selon la réalité aussi), les deux plus grands forgerons furent Okazaki Masamune 岡崎正宗(12ème s.) dit Masamune et Sengo Muramasa 千子村正(16ème s.) dit Muramasa. Les lames du premier sont les plus célèbres, et sans doute les plus chères du monde, toutes civilisations confondues. Un de ses chefs-d’œuvre fut la Honjo Masamune, qui fut la possession et le symbole du shôgunat (gouvernement) des Tokugawa (les dirigeants du Japon lors de l’époque d’Edo, de 1603 à 1868) ; ses épées sont réputées pour leur pureté et il est dit qu’elles ne font pas couler le sang. Les second, par contre, pour des raisons obscures, a une mauvaise réputation. Ses lames, également des pièces extrêmement rares, sont réputées donner à leur porteur une soif de sang et de carnages sans égale.

Bien qu’il soit fort peu probable que les hommes n’aient jamais pu se rencontrer, la légende attribue à Masamune le rôle du maître et à Muramasa le rôle du disciple. Parmi les nombreuses légendes qui les concernent, en voici une que j’ai décidé d’adapter (pour une fois il ne s’agit ni d’une traduction, ni d’une transcription).

 



Un jour, Muramasa, le forgeron, décida de lancer un défi à son maître, Masamune. Il lui proposa que chacun forge une lame, la meilleure qu’il lui soit possible, et qu’ils comparent ensuite leur facture, leur tranchant et leur âme afin de déterminer lequel des deux grands artisans serait, de tout l’Empire, le meilleur.

Masamune releva le défi et chacun, dans son atelier, se mit à l’ouvrage. Cela prit longtemps, très longtemps, et, face à l’énergie déployée par chacun d’eux, on dit que même les dieux des rivières et des bois alentours vinrent les voir à l’ouvrage. Les saisons passèrent et, un beau matin, le maître et le disciple admirèrent leur ouvrage accompli. Ils avaient terminé le chef-d’œuvre leur vie.

Muramasa avait forgé une lame sombre, qui brillait d’un éclat majestueux. Elle était froide et langoureuse comme une multitude d’hivers, c’est pourquoi il décida de l’appeler « La Lame des Dix Milles Hivers ».

Masamune se trouvait devant une lame banche et dont les reflets semblaient remplis de sérénité. Au toucher, elle était chaude et agréable et s’accordait avec douceur aux mains de son porteur ; pour cette raison, il décidé de l’appeler « La Lame des Tendres Mains ».

Chacun avec son œuvre, maître et disciple se rendirent au bord d’une rivière pour voir laquelle de ces deux armes serait la meilleure. Il s’agissait pour chacun, à tour de rôle, de plonger sa création dans l’onde, tranchant orienté vers l’amont.

Muramasa plongea sa lame dans les flots. La lame démontra alors son fil sans pareil, tranchant d’abord une feuille morte emportée par le courant, puis tous les poissons qui s’approchèrent. Puis la lame coupa aussi les flots qui s’ouvrirent derrière elle, ainsi que le vent qui glissait sur la rivière. Rien n’échappa à son cruel tranchant.

Masamune avait patiemment attendu, la main sur son épée, que son disciple ait terminé sa démonstration. Il fit à son tour glisser son sabre dans les eaux. La feuille l’évita, les poissons la contournèrent, la rivière poursuivit son cours et le vent souffla toujours sur la surface. La lame ne trancha rien. Satisfait, Masamune retira son sabre.

Muramasa se gaussa de lui, se moqua de ses piètres qualités de forgeron. Cependant, le maître, calmement, essuya son épée et la rangea au fourreau, un sourire au coin des lèvres, tandis que son disciple continuait de l’insulter.

Un moine qui avait assisté à la scène vint alors. Il commenta ce qu’il avait en ses termes :

« La lame de Maître Muramasa est certes une lame extraordinaire. Son tranchant est sans égal, mais c’est une lame féroce et cruelle, une lame mauvaise. En effet, elle ne fait nulle distinction et tranche tout. Feuille, poissons, ondée, vent. Elle ne s’arrête jamais. C’est assurément là la lame la plus vicieuse et la plus mauvaise qu’on ait jamais forgée.

La lame de Maître Masamune, en revanche, est douce et pure, elle ne tranche pas les choses innocentes et ne fait pas couler le sang. Elle laisse passer ceux à qui elle n’est pas destinée comme elle a laissé passer feuille, poissons, ondée et vent. C’est assurément là, de toutes les lames, la meilleure qu’on ait jamais forgée. » Un

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N
Honnêtement c'était réellement très intéressant à lire ???? et personnellement j'ai connu (je crois) ces deux maîtres forgeron dans le film ”Scooby-Doo et le sabre du samouraï” ???????? où ils sont représenté en tant que maître et disciples et leur deux sabres sont l’un ”le sabre de la destiné” un sabre totalement pur et ”le sabre du chaos” un sabre diabolique qui donna naissances au samouraï noir un être diabolique qui sema la terreur avec le sabre du chaos en main mais sera arrêté par le dragon vert qui était en possession du sabre de la destiné. C'était un résumé rapide de la légende du samouraï noir mêmes si c'était assez inutile. En tous cas merci pour cette lecture très courte mais également intéressante et passionnante. Ba bye
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