Chronique d'un jour ordinaire: le Matsugasaki Daikokuten 松ヶ崎大黒天

Publié le par Rémora

Il ne faut pas le cacher: lorsqu'on est étudiant boursier, on ment à chaque fois que l'on dit qu'on n'a pas le temps. Parce qu'un après-midi où l'autre de libre, on l'a toujours... Reste à les occuper.

Or donc, j'ai pris mon vélo pour me rendre dans un temple, en touriste. J'ai visé le Shintô, cette fois, et, après avoir choisi mon lieu au hasard sur ma petite carte pourrite (à 1000m de chez moi), j'ai pris mon vélo et, pas moins de quatre ou cinq minutes plus tard, j'étais sur place.

Le lieu s'appelle le Matsugasaki Daikokuten, autrement dit le Daikokuten de Matsugasaki, qui est le nom de cette région de la ville. Daikokuten est une "divinité" ambiguë, puisqu'elle est à la fois issue du folklore indien (par l'intérmédiaire du bouddhisme) et révérée selon les rites shintô (propres au Japon). Ce personnage est présenté sous les traits d'un vieillard sympathique, et c'est l'un des "sept dieux du bonheur" 七福神, ou "Fortunes" comme on le traduit parfois. Il assure, dit-on, le succès dans les affaires (c'est, si l'on veut, le patron de la richesse, du commerce, des affaires et des... cuisines).


Pour ceux qui se poseraient la question, ce qu'il tient dans la main est un marteau qui représente la vertu du travail.

Donc, pour aller voir ce Daikokuten (ou Mahâkâla, de son petit nom sanskrit), il suffit de parquer son vélo à côté d'une des maisons du quartiers et de monter vers le temple, tout proche, presque encore dans la ville.

Et là, bien sûr, on remarque sans peine qu'il ne s'agit pas d'un lieu touristique, il n'y a que peu de monde, mais les lieux sont clairement vivants, on y remarque çà et là des signes qui ne trompent pas: les gens qui viennent ici, souvent, sont des fidèles, pas des touristes.

Et, avant de me retrouver devant ce fameux "Grand Noir" (ce qui est la traduction de Daikokuten), je remarque la présence d'un autre personnage...


C'est Kannon 観音 (ou Avalokitesvara), le grand Bodhisattva de compassion (plus précisément une "Kannon accompagnée d'enfants" 水子観音 ). Donc, en plein milieu de ce temple shintô, on trouve un personnage éminamment important du... bouddhisme. Eh oui, cela ressemble bien à un temple vivant, un temple à l'ancienne, qui semble remonter à un temps lointain (avant 1868) où les Japonais pratiquaient indifféremment shintô et bouddhisme, des pratiques mélangées qui, selon les statistiques sont encore très vivaces aujourd'hui. Et ce n'est pas la seule trace de bouddhisme: il y a aussi des autels dédiés à Jizô 地蔵, d'autres au Bouddha Shakyamuni lui-même...

Mais bien sûr, Daikokuten reste le propriétaire légitime des lieux.


On ne le voit peut-être pas, mais, devant l'autel, un homme en costard est en train de prier... Sans doute a-t-il besoin d'un peu du soutien de ce marchand céleste pour sortir de la crise...

Profitez un peu encore de la visite...


Quand on passe un torii 鳥居, on passe dans l'autre monde, celui des dieux, des démons et des esprits (caractéristique de tous les temples shintô).


(Oui, je ne suis pas non plus le seul touriste au monde). C'est le "mizuba" 水場, le lieu où, avant de prier il convient de se purifier les mains et le visage... On ne peut pas prier les divinités en étant impur. Cette coutume est si répandue qu'elle est en cours même dans les temples bouddhistes où, par essence, il n'y a aucune divinité à prier.

Voilà voilà... J'ai passé un moment dans ces lieux dédiés au capitalisme déifié et j'ai aperçu un chemin un peu plus vert que les autres, qui semblait un peu monter le long de la colline.

Alors je suis monté, et...

(à suivre).
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I
<br /> Simpa de nous donner un aperçu de ce coin du monde.<br /> <br /> Sinon les cours ça va?<br /> <br /> <br />
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L
<br /> Excellent Phil :) J'ai hâte de connaître la suite :)<br /> <br /> <br />
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