札幌への旅行 その三 (Voyage vers Sapporo – troisième partie)

Publié le par Rémora

一目で二千万人 (D’un regard, vingt millions de gens)

 

La fin brutale du dernier chapitre vous a sans doute laissé sur votre fin, mais tant pis : je suis arrivé à l’hôtel, dans le quartier d’Ikebukuro 池袋[1] et j’ai dormi, tôt dans l’après-midi et toute une nuit pour arriver au 3 octobre. Je ne suis pas mort[2] : l’humidité incroyable du Japon et le changement d’air soudain me font toujours[3] cet effet-là : on étouffe comme quand on entre dans une serre, mais ça ne dure pas.

Un jour s’est évaporé, donc, passé à se remettre d’une nuit qui s’est évaporée, elle aussi. Le lendemain, frais et dispos dès quatre heures et demie du matin, je me suis demandé ce que j’allais faire de cette journée dans Tokyo, étant donné que j’avais rendez-vous avec mes collègues et amis de Genève (dans la même situation que moi : des étudiants en japonais au Japon) bien tard dans l’après-midi et que ma nuit biologique était finie.

J’avais entendu dire que l’on pouvait voir la ville d’en haut depuis le building de la Mairie de Tokyo (都庁« Bâtiment de l’administration de la capitale », soit un équivalent approximatif de la Mairie de Paris), un immeuble gigantesque dans le quartier de Shinjuku 新宿, que je vous laisse admirer :

Vu d’en bas :

 

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Et vu d’un petit parc, pas très loin (celle-là devrait vous donner une idée de sa taille)

 

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Je suis donc arrivé assez tôt, vers huit heures (c’est assez prêt du quartier où j’avais mon hôtel) et j’ai commencé par voir si l’ascension était possible. Elle l’était, en effet, mais les touristes ne se lèvent pas tous aussi tôt que moi et j’avais une heure à attendre avant l’ouverture. J’ai donc exploré un peu les environs, faute de mieux.

Même pour le quartier de Shinjuku, les alentours du bâtiment et les autres immeubles alentours sont parfaitement entretenus et tout est absolument propre. Non loin, il y a un petit parc sympathique avec un jinja[4], depuis lequel on peut voir les immeubles alentours. C’est de là que j’ai prise la seconde photo.

Le contraste était amusant : au milieu d’un quartier aussi huppé, le parc servait de village improvisé à une petite communauté de sans-abri qui, assis dans l’herbe au milieu du parc jouaient au shogi[5] ou regardaient leur lessive, lavée avec les robinets publics, sécher sur les clôtures… Je vous laisse admirer ici une photo de leur petit village.

 

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Après cette escapade, l’heure fut enfin venue de monter dans les sommets et d’admirer la ville vue d’en haut, tout en continuant à sourire des remarques des gens qui croient que je ne comprends pas le japonais et que je ne suis qu’un touriste américain[6].

Arrivé en haut, je peux admirer pour la deuxième fois de ma vie ce spectacle hallucinant : une ville qui s’étend au-delà de la ligne d’horizon, une mégalopole de plus de vingt millions d’âmes, de la mer au Mont Fuji, Tokyo, Yokohama et tout le reste.

Aujourd’hui, on ne voit pas le Mont Fuji, la ville est drapée dans un voile léger de brume qui cache l’horizon, mais qui laisse deviner (avec encore plus de mystère) cette étendue qui contient trois fois la population de mon pays tout entier.

Je vous laisse admirer quelques photos, pour vous faire une idée (pardon, la qualité de mes photos est mauvaise, mais je ne suis pas doué pour ça).

 

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J’ai pris ces les deux photos suivantes en 2006, depuis la Tokyo Tower, je les mets ici parce qu’il faisait beau et que c’est encore plus incroyable.

 

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Voilà… Une fois remis de ce spectacle bouleversant, je suis redescendu sur terre pour regarder les maisons d’en bas.

J’ai tourné un peu dans Tokyo encore, et j’ai visité deux ou trois endroits que je voulais voir (mais je ne vais pas non plus faire un compte rendu détaillé), avant de retourner à Ikebukuro pour me préparer à mettre le feu à la cité avec mes compagnons boursiers (ou pas) de Genève avant de devoir me séparer de la capitale pour rejoindre le Nord…

(A suivre)



[1] Google, un atlas, débrouillez-vous.

[2] Ce blog étant plus ou moins de nature autobiographique, il serait en effet difficile que je le sois.

[3] Etant donné que je suis allé au Japon plus d’une seule fois, je peux dire « Toujours » et « Chaque fois », ça permet une certaine exagération stylistique.

[4] 神社 : temple shintoïste ; on peut en voir partout au Japon, même et surtout dans les zones les plus urbaines.

[5] 将棋 : jeu très similaire au jeu d’échecs.

[6] Je ne m’étendrai pas ici sur le sujet, mais c’est absolument fascinant de voir comme on est vite catalogué comme touriste américain quand on n’a pas les yeux bridés au Japon.

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M
Petit conseil: Fous-toi de la politique suisse pendant cette année au Japon. Profite de ta chance d’être là-bas, profite de tout et de tous. Ouvre ton esprit à l’Autre et à l’Ailleurs. <br /> Nos petits esprits confinés et peureux craignent l'autre et l'étranger. Ils veulent plus de sécurité, ils ont peur. Peur « de traverser la gare de Berne après 22heures" (oui, oui je l’ai entendu), moins d’Europe, plus de compétitivité dans les écoles …<br /> Alors: oublie tout cela et ne t’en fais pas pour nous, ici, les moutons, même noirs, ne nous mangerons pas (www.moutonsdegarde.ch). Je t’embrasse. <br /> P.S. Nous allons nous occuper de ton paquet de livres dès que possible.
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A
Ouaaaaah Incroyable. me réjouis de vanir une fois... <br /> <br /> Becs frèrot
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K
Il a l'air bien sympa ce voyage... bonne suite...
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A
C'est vrai que c'est très impressionnant... mais pour moi c'est les gratte-ciels, trop hauts pour moi.
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I
Argh ! mon pire cauchemar vivre dans une ville qui s'étend à perte de vue!!!<br /> <br /> Comme quoi, je suis vraiment à ma place au Vallon.
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