Les religions au Japon: introduction

Publié le par Rémora

Cette fois, j’ai décidé de me lancer dans quelque chose d’un peu plus académique. Mais comme je sais que la plupart de mes lecteurs n’auront pas forcément utilité à toutes sortes de dates, de noms et de références, je vais essayer de rester basique. Je suis toutefois toujours à disposition pour renseigner ceux qui aiment se plonger dans des grosses lectures bien spécialisées.

 

Aujourd’hui, les religions au Japon (introduction).

 

J’ai eu l’occasion de lire récemment l’opinion d’un chrétien qui affirmait que le Japon était le pays où le missionnariat est le plus difficile, parce qu'au-delà des questions strictement religieuses, la conception de la religion au Japon est si différente que le christianisme en tant que religion universaliste de salut ne peut pas s’y implanter.

 

En effet, sous l’influence bi-millénaire de la Chine, de la Corée, de l’Occident et des coutumes indigènes, le Japon s’est forgé une conception de la religion unique au monde, la seule qu’on puisse l'y rapprocher est cell e de la Chine avant la Révolution, mais dans une moindre mesure seulement.

 

Le Japon est un pays de religions, on ne peut aller nulle part sans croiser des temples, des statues ou des autels, à même la rue. Le fruit d’une longue histoire religieuse a créé le mélange sans doute le plus inhabituel du monde.

 

A l’origine, avant le début de l’influence chinoise, soit avant le 6ème s. environ, le Japon était essentiellement peuplé de tribus sans doute guerrières et vraisemblablement matriarcales. Ils pratiquaient des rites de type « animistes » et « chamanistes » comme chez beaucoup de peuples préhistoriques : rites dédiés à la guerre, la chasse, les cultures, tous calqués sur le rythme de la vie et les cycles de la nature, avec une grande importance des « prêtres » et « prêtresses ». Ces rites, encore en usage aujourd’hui, constituent le Shintô 神道, la Voie des Dieux. Il semblerait que 105mio de japonais environ soient shintoïstes, sur une population de 130mio.

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Le Oyama-jinja 尾山神社, temple shintoïste à Kanazawa 金沢, bâti en l'honneur des anciens seigneurs locaux, les Maeda 前田.

 

Si le shintoïsme est considéré comme « l’ancienne religion », le bouddhisme 仏教, introduit dès les débuts de l’influence chinoise occupe une place aussi importante que la précédente. En effet, environ 95mio de bouddhistes au Japon.

 

Nul besoin d’être bon en maths : la plupart d’entre vous sont perplexes, mais en effet, la plupart des japonais sont shintoïstes et bouddhistes. En même temps. Et ce n’est pas tout, certains sont shintoïstes, bouddhistes, confucianistes, taoïstes… et chrétiens. Ce phénomène s’appelle le syncrétisme (le mélange de diverses religions dans une seule méta-religion) et il explique rapidement les difficultés éprouvées par les évangélistes au Japon.

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Le temple bouddhiste Kiyomizu清水寺, à Kyoto京都, sous un angle un peu inhabituel mais vachement plus beau.

 

Dans les faits, la vie religieuse au Japon est simple : les fêtes traditionnelles se déroulent sous les auspices du shintô : on rend grâces à la nature et à ses bienfaits. C’est la religion du temps et des saisons. Beaucoup de japonais se marient en atours chrétiens (mais pas toujours), car c’est la seule religion où le mariage est « sacré », on fait face à l’Etat et à son entreprise selon les enseignement de maître Kong 孔子(Confucius) et ses disciples, on prédit son avenir selon le Yi-King易経, on cherche la voie de Lao-Tseu 老子 (Taoïsme) et on meurt selon le rite bouddhiste ; on se souviendra ensuite de nous selon le culte des ancêtres (qui n’est pas historiquement rattaché aux mouvements ci-dessus) ; le tout selon le grand principe du Yin et du Yang 陰陽, et le tout peut-être même saupoudré d’un tout petit brin d’Islam (introduit en Chine au 7ème s. !).

 

Je vous avais dit que ce n’était pas simple. Mais je prendrai le temps de revenir gentiment sur tous ces mouvements.

 

Bientôt, le premier chapitre : le shintô [1] .


(Les photos ont toutes été prises lors de mon premier voyage au Japon, copyright!)



[1] Patience, Illianor, le bouddhisme ce sera le deuxième.

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A
L'implication de la religion sur la société médiévale, ou non, est un sujet qui m'intéresse beaucoup. Vivement la suite !
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L
J'adore. Poursuis sur ta lancée! C'est très intéressant !
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